Je viens de prendre connaissance des cours en psychologie qui se donne sur la plateforme virtuelle Second Life (SL).
Simon BIGNELL de l’University of Derby en Grande Bretagne a conduit une recherche sur l’apprentissage en Second Life. Selon le diaporama qui suit le Second Life permet de construire une classe pour dispenser des cours aux étudiants pas uniquement en psychologie.
Teaching and Learning in Online Virtual Worlds:
Le diaporama liste les principaux universités qui sont déjà présents (et actifs je suppose) sur le SL.
Simon BIGNELL et ses étudiants se sont crées des avatars et des noms virtuels qu’ils utilisent sur la plateforme du SL. Ce fait provoque une sorte de détachement et force à se créer une nouvelle identité. Se créer une nouvelle identité dans le cadre pédagogique n’est pas propre au SL car déjà utilisé lors d’apprentissage des langues étrangères.
Le fait de se créer un personnage dans le cadre d’un cours me semble propice à l’apprentissage (surtout pour une nouvelle matière) car si le personnage se trompe ce n’est finalement pas moi directement et donc je préserve mon identité qui n’aime pas reconnaitre ses erreurs. Avoir un avatar permettrait donc prendre plus de risques, mieux accepter les échecs et donc apprendre de façon plus naturelle et ne pas être bloqué par des échecs du passé.
Dans l’expérience de Simon BIGNELL, le fait que les étudiants ont participé à la création du l’environnement virtuel, de la classe virtuelle et probablement des supports du cours les a impliqués dans le processus de façon très importante.
En apprenant la matière de façon active, ils apprennent aussi d’autres compétences comme le travail en groupe (grâce à des multiples échanges), améliorent leur orientation visuelle et spatiale, le ‘multitasking’ (tant demandé par la vie actuelle). Donc en termes d’apprentissage implicite ils ont été bien servis. Et tout cela dans un environnement riche en nouveauté qui sollicite constamment l’intérêt et donc la motivation des étudiants sans négliger l’aspect ludique.
Les étudiants sont les acteurs au centre de cet apprentissage par expérience personnelle.
Par curiosité et par envie d’explorer le SL, je me suis crée tout récemment un compte sur le SL et les choses ne me paraissent pas simple en tout cas pas au début…
Tout d’abord, il y a un certain apprentissage de la plateforme tout court et puis l’apprentissage des comportements nécessaires à fonctionner efficacement dans le SL et qui sont très différents de ceux de la vie réelle.
Afin d’être opérationnel en tant qu’étudiant, il faut quand même tout une série des compétences en tant que pré requis. Ceci va de la capacité à se mouvoir dans le SL, manipuler les objets, rentrer en contact et interagir avec les autres personnages dans l’espace virtuel et encore beaucoup d’autres comme gérer l’imprévu et les soucis techniques qui peuvent survenir au milieu d’une session (comme une coupure d’accès à internet par exemple).
L’apprentissage en SL donne surement des possibilités différents que l’apprentissage classique et vice-versa. Maintenant, il faut du matériel adéquat, des professeurs qui sont déjà à l’aise avec la technologie et capable de transmettre de façon didactique ce savoir et le savoir faire.
Il faut prévoir le temps à la familiarisation avec le SL car la courbe d’apprentissage me semble le principale obstacle pour démarrer à l’aise un cours dans cet environnement virtuel. Sachant que la classe entière ne va pas progresser à la même vitesse comment prévenir que les étudiants qui aurait besoin plus du temps à rentrer dans le système de SL ne soit pas défavorisés ?
Que proposer aux étudiants et aux professeurs qui ne seraient pas du tout intéressé par ce système? Faut-il introduire ce type de techniques d’apprentissages dans des écoles primaires ?
En Belgique le Centre Perelman de Philosophie du Droit utilise le Second Life.

